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5 - LE MENHIR


Loin dans l’histoire, l’homme a toujours marqué son territoire : terrains de chasse, cultures, pouvoir spirituel et temporel… 

Pendant plus de mille ans, les agglomérations de Raon l’Étape et de La Neuveville détiennent des récits puis des événements distincts. Toutefois chacune dépendante pour son origine, de l’arrivée au VIIème siècle de moines évangélisateurs qui édifient des abbayes. Le village de La Neuveville naît sur le territoire d’Etival quant au bourg de Raon sur celui de Moyenmoutier. Ces deux communes fusionnent en date du 1 janvier 1947.

N’ayant pas fait l’objet de recherches aussi nombreuses que le reste du département, la préhistoire dans le secteur est mal connue puis peu représentée. 
De l’époque néolithique (-3500/-2500 av. JC), peu d’objet sont retrouvés dans la localité. Le relief tourmenté, la couverture forestière très importante et le peu d’implantations humaines, ont peu favorisé les recherches et découvertes fortuites qui sont un facteur essentiel de la connaissance de cette époque. Bois et forêts recouvrent pratiquement tous les reliefs, sommets et vallées. Jadis la forêt Noire, les Ardennes et les Vosges ne forment qu’un seul massif forestier. L’humain ne paraît donc pas avoir habité les Vosges au temps de la préhistoire. Il redoute trop la solitude, fuit le climat rude, la terre ingrate et les rivières non endiguées. 

Toutefois dans ces solitudes primitives, il est possible que la vallée de la Meurthe connaisse l’implantation de l’homme avant les dernières glaciations mais aucune trace n’est retrouvée de cette ère. La pénétration de l’homme se manifeste que très tardivement dans ces immenses et épaisses futaies où sombres sapinières et autres s’étendent partout. Omniprésentes des broussailles, fougères, ronces recouvrent le sol. Il n’y a sans doute que quelques habitats diffus. Mais de la fin de cette époque, il reste le menhir ! Ce n’est qu’au cours des siècles futurs que ces montagnes au relief dispersé, habillés de forêts inhospitalières, peu abordables et presque sans fissures, se voient lentement humaniser. A l’âge du bronze et du fer, certaines peuplades celtiques migrent pour venir habiter la région qui nous occupe. Elles s’installent essentiellement sur des lieux élevés pour raisons de sécurité. Les hommes s’abritent derrière des enceintes d’altitude car les fonds de vallées sont difficiles d’accès, infranchissables tout étant non aménageables par l’envahissement de forêts marécageuses. 


Pour la zone de La Neuveville, un seul habitat se forme sur le lieu de Respy. 
A cette époque, une civilisation est pourtant bien présente dans les environs de Raon l’Étape. Aux alentours, des vestiges permettent de l’affirmer. Le site est donc pénétré par des clans de chasseurs ou d’éleveurs attirés par l’ampleur du relief aux vallées plus ouvertes, plus aérées, escarpées par des glaciers quaternaires et possédant une végétation plus variée. Toujours est-il, c’est qu’au milieu de ces forêts, une population existe. Lors de son incursion dans l’inconnu, elle s’est introduite dans les massifs en empruntant puis remontant peu à peu le cours des rivières vers leur source. En ces temps, il n’existe ni frontière, ni pays. Des tribus constituées d’une ou de plusieurs familles se déplacent sur des territoires, à la recherche de terres propices où la vie leur est agréable. Ces gens s’établissent et dépendent uniquement des difficultés rencontrées puis des avantages offerts. Tracer une réelle étape celte ou gauloise dans le secteur reste assez obscur mais les premières tribus apparaissant sont les Galates à la chevelure blonde vers 250 av. JC. Elles s’implantent à l’Ouest du Rhin, perpétuellement en guerre contre les Germains déjà présents. Ces peuplades rivales, très dispersées et stationnées dans différentes zones des massifs forestiers, sont de faible densité. Dès le IIème siècle mais essentiellement à partir du 4ème, des invasions successives germaniques ruinent, pillent puis détruisent le peu d’installations fermières et hameaux existants. Ceux-ci réduisent l’habitat et la population locale.


Menhir

Situé en hauteur à l’arrière du stade de football Paul GASSER, ce menhir ou pierre-borne comme le hameau situé à l’Ouest sur le territoire de Bertrichamps (54) en porte le nom, est l’un des plus beau de Lorraine.

En celtique : men = pierre et hir = debout, levé.



Ne pouvant faire l’objet d’une datation précise, il est l’un des plus ancien témoin du désir de l’homme marquant son territoire. 
Toujours debout, il est accessible par un chemin qui longe la ferme de la Maladrie. 
A l’origine, il sépare déjà des régions appartenant à des peuplades celtiques différentes. 
Cette pierre-borne est reprise au Moyen-âge pour limiter les terres du duc de Lorraine puis de l’évêque de Metz (57), abbaye de Moyenmoutier, châtellenie messine de Baccarat (54), en limite Ouest du ban de Raon pour marquer ainsi une frontière. 
Enfin de nos jours, elle devient borne administrative marquant aussi la ligne de limite des départements Vosges (88) et Meurthe & Moselle (54). 


Taillé dans un trapp volcanique, extrait d’une carrière locale à plus de quatre kilomètres, c’est énorme monolithe régulier datant apparemment de l’âge de pierre considéré comme érigé durant le troisième millénaire 1500 av. JC. Il émerge de 3 mètres 25. Il est supposé avoir une hauteur totale de 6 mètres . Sa base est presque carrée avec des côtés allant de 80 à 100 centimètres de largeur. Sa masse est évalué à 7.8 tonnes. Ces faces sont orientées Nord-Sud et Est-Ouest. 


Il est discuté l’origine et la raison d’être de ce menhir. A-t-il une signification purement religieuse ? Est-il un monument funéraire ? Ce qui est plus probable. Il est possible qu’en ce lieu, repose un personnage dont son peuple a voulu honorer sa mémoire. En ce temps, la montagne et la forêt sont des endroits sacrés où sont vénérés rappelons-le le culte des dieux païens. 


Ce menhir est classé monument historique par décret depuis le 25 novembre 1924. Il est à noter qu’il a existé un autre menhir enterré depuis, dans le secteur des Noires Terres sur la commune de Bertrichamps (54).





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